Artistes

HENRIETTE VALIUM

Henriette Valium n’est pas une femme et son œuvre ne fait pas dans la dentelle. Artiste majeur issu de la contre-culture montréalaise, il œuvre en marge de tout courant artistique depuis plus de quatre décennies. Il est le premier grand auteur de bande dessinée alternative au Québec. Son style provocateur, glorieusement surchargé, hallucinogène et rayonnant de somptueux excès l’a maintenu à l’écart des structures officielles et conventionnelles de l’art et de la bande dessinée. Sa pulsion créatrice obsessive, pour ne pas dire compulsive, ses standards rigoureux n’ont rien de hasardeux. Il repousse toutes les frontières entre la raison, la satire et le porno. Il capture avec brio l’efflorescence de notre identité culturelle. 

Sous le pseudonyme de Laure Phelin, il réalise de courts films générés par ordinateur, sorte de collages sonores aux visuels trafiqués, répétitifs et anxiogènes.

Henriette Valium vit et travaille à Montréal. Il est représenté depuis 2013 par la Galerie Robert Poulin.

ISHOLA AKPO

Photographe et artiste multimédia, Ishola Akpo expérimente les possibilités du numérique, tout en mélangeant dans son travail modernité et tradition. Il crée ainsi des métaphores plurielles qui s’articulent à divers niveaux de lecture. La frontière entre réalité et fiction, identités fixes et identités multiples, reste au coeur de sa démarche.

Son travail a été sélectionné dans plusieurs grands événements internationaux : Weltkulturen Museum, Francfort (Allemagne) ; Fotonoviembre, Tenerife (Espagne) ; Nuit blanche, Port-au-Prince (Haïti) ; Lagosphotos Festival, Lagos (Nigéria) ; Festival Afreaka, São Paulo (Brésil).

Ishola Akpo vit et travaille au Bénin.

MARION WAGSCHAL

Marion Wagschal travaille la peinture et le dessin comme un journal où s’entremêlent réalité, fables et fictions.

Parmi ses expositions marquantes, notons Femmes artistes. L’éclatement des frontières, 1965-2000 (2010) au Musée national des beaux-arts du Québec et Art et Féminisme (1982) au Musée d’art contemporain de Montréal. En 2014 et 2015, son travail faisait l’objet d’une exposition rétrospective présentée au Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse puis au Musée des beaux-arts de Montréal. Des expositions solos lui étaient dédiées à la Galerie de la Maison du Canada, Haut-commissariat du Canada au Royaume-Uni en 2016 et au Musée d’art de Joliette en 2017.

Ses oeuvres font partie de nombreuses collections, dont celles d’Hydro-Québec, du Mouvement Desjardins, du Musée d’art contemporain de Montréal, du Musée des beaux-arts de Montréal et du Musée national des beaux-arts du Québec.

Elle vit et travaille à Montréal.

JACK BENG-THI

Jack Beng-Thi est né le 15 octobre 1951. C’était à La Réunion, au croisement des trajets de sa mère  indienne et de son père d’origine africaine et vietnamienne. La naissance marque la rupture, la séparation, en même temps, le départ depuis le lieu et l’époque aléatoires.

En 2010, dans sa ville natale du Port, Jack Beng-Thi propose avec la complicité de son manager Orlando Britto Jinorio des Canaries, une rétrospective de ses travaux d’ici et d’ailleurs. Une affiche annonce l’événement : « Cartographies de la mémoire ». L’artiste est photographié de dos debout sur une langue, maternelle, de rochers. La mer est ornée d’une carte du monde qu’il a dessinée. Son élan entraîne le spectateur à rejoindre les écarts des origines.

GUILLAME DESROSIERS-LÉPINE

Ayant fait ses études entre le Canada, le Brésil et la France, Guillaume Desrosiers Lépine est un jeune artiste émergent en arts visuels.

En 2017, il est finaliste pour le prix Sylvie et Simon Blais pour la relève en arts visuels.

Il reçoit également plusieurs distinctions pour son livre Lecture des signes abstraits : une exploration visuelle publié en 2014 chez La Choses Imprimée : Best book design from around the world (Leipzig, 2015), Type Directors Club (New York, 2014) et Alcuin Society (Vancouver, 2014).

Il est présentement professeur au département des arts visuels de l’Université de Moncton en Acadie.

IRENE F. WHITTOME

Faire retour sur les toutes premières œuvres picturales d’Irene F. Whittome réalisées en 1963 lors de ses études à la Vancouver School of Art est un exercice captivant. Cet impressionnant corpus d’œuvres aux figures biomorphiques et archétypales s’inscrit dans la lignée de ses dessins de facture expressionniste, déjà documentés, produits entre les années 1963 et 1967. Le corpus exceptionnellement méconnu de Bestiaire, est composé d’une quinzaine de tableaux dont huit de très grande dimension et d’une série de portraits.

Ces tableaux saisissants par leur très grand format vertical, leurs couleurs et textures exacerbées, leur iconographie sauvage et agressive et par les gestes, que l’on devine exaltés, de la peintre nous ramènent non seulement à une période importante d’apprentissage de l’acte créatif chez Whittome, mais à un moment révélateur dans le parcours de l’artiste et l’évolution de son œuvre.

MARIE-CLAUDE PENDLETON 

L’intérêt que j’ai toujours eu pour la photographie ancienne m’a amenée à poursuivre mes recherches formelles en ce sens. J’investis plus particulièrement le mouvement pictorialiste du 19e siècle ainsi que le procédé photographique du daguerréotype. Dès lors, le tableau représente en quelque sorte une image disparue, sorte de vestige hors du temps.

Le développement de mon travail s’inscrit dans cette recherche. L’idée du paysage devient à la fois effacement et expérience vécue et cette idée du paysage évolue à travers et dans la mémoire où surgissent les empreintes et les traces de ce qui a disparu. Et, paradoxalement, mon travail témoigne d’un lieu de résistance et de résilience.