retour au sommaire


JEAN-MARC DESGENT

Chers parents et amis


 

Dis-moi, trésor papa, mes guerres civiles,
dis-moi, trésor cadavre à la beauté qui m’éclaire tout.
J’étais des doux donnés avant ton état qui n’est plus.
Les choses qu’on fait avec son âme ruinée.
Finis, le cœur marcheur, les sangs.
On emballe le grand corps, je suis enfin au monde,
c’est ce passage à moins zéro; adieu, dehors,
c’est du dragon qui me prend, me chauffe, me pénètre,
dragon-papa, c’est pas ta voix mais, tes langues en moi.

 

Ceux qui meurent le ciel,
boire la cuisse gauche, toujours la gauche,
mordre la droite, toujours l’athlète,
chercher les fièvres portées par les révélations d’être,
les miennes de corps et les miennes de mort
apparaissant, surgissant, vues de haut et vues de biais.
Avec le soleil pensant, il y a le don inutile du beau baiser.

 

Je dis tout vrai dans la brûlure debout,
les feux vers les débris, moi qui pense bête,
petite chose navrée, la solitude apache.
Un mort, deux morts, trois morts, quatre morts, jusqu’à
       sept, même,
ne sont pas le vent, le vite, le passager, l’insaisissable,
la déboussole, l’égarement, la poussière qui va, qui tourne :
c’est sans enfants, la nuit rampe et m’épouse.

 

Maman-papa, papa-maman, on va au viol
et c’est mon dernier mot sur la foudre,
ça n’a pas de langue intime,
c’est tout tué cette histoire-là, je suis jappé,
je vous tends ma gueule, et vous en sortez des aphasies.
Vous avez encore la posture droite, droite, le couteau,
laissé là au milieu de ma tête.

 

Je suis tout déshabillé de tout,
mon cœur est illisible et fait le mal de l’os.
Je suis un trou ou pas vraiment.
Entre tant de cuisses par jour, je me finis,
je me disparais par le sang.




 
 
 
2017 © revue littéraire Les écrits design : les crédits