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FERNAND OUELLETTE

D’émois et d’appels


 

À venir

À l’être inaltéré,
Un surcroît de teinture bleue,
Dès que les papillons effleurent
L’intérieur le plus secret,
Le plus clair.
Mais comment relater
L’essor des désirs,
Les séquences d’une promenade
De l’esprit là-haut en allé
Pour mieux s’adosser au matin
Vierge qui se dévoile,
Sans mesure, sans grisâtre?
Un temps nourricier s’est levé.
Tout ce qui chante vif s’exerce
Enfin à psalmodier le ciel,
À inscrire dans chaque son
L’ascension des soleils à venir.

 

Amantes

Aurore promise d’un lever vermillon,
Continuel, lent, sans ombres lilas,
Pour une félicité discrètement éclatante.
Tel un paysage se déploie en transparence,
La forêt offre son dais aux lumières.

Le jour ultime va descendre,
Dans une majesté éveillante,
Sur les vifs, au-dessus des tombeaux
Aux lueurs secrètes,
Ceux des amantes diadémées :
Eurydice, Hélène et Béatrice,
Femmes que la nuit garde jalousement,
Mais que jamais les mots n’ont abandonnées,
Les préservant dans leur écrin bleu,
Les exaltant pour maintenir leurs flammes
D’émois et d’appels.

 

Extase

Le suprême charnu
Révélé dans la forme
La plus sublimement élue.
Retracée par les visiteurs
À main divine qui la remodèlent,
S’extasient sur les courbes et la nacre
Qui se dévoilent.
Musique troublante,
Déchirante
Jusqu’au saisissement.




 
 
 
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