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MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE

Présentation


Du 20 au 25 août 2016, quatre poètes québécois et canadiens séjournèrent en Slovénie, à l’occasion des journées Dnevi poezije in vina (Journées de la poésie et du vin). Ce festival, créé il y a 20 ans à l’initiative d’une bande d’amis poètes doublés d’amateurs de vin, a acquis depuis une envergure internationale et est soutenu par l’Union européenne. Il s’est déroulé à Ptuj, petite ville slovène entourée de vignes, et fut précédé, en 2016, de quatre jours d’ateliers de traduction de poésie, entre poètes. La langue slovène n’étant pas d’emblée familière aux poètes québécois et canadiens invités, on pouvait craindre que ces ateliers de traduction ne tournent à la cacophonie stérile ou, au mieux, à une tour de Babel joyeusement imbibée.

En réalité, il n’en fut rien, comme j’ai pu le constater à titre d’accompagnatrice du groupe où, avec un collègue, je représentais le Festival littéraire international Metropolis Bleu de Montréal, à l’origine de l’initiative. Ces quatre jours au milieu des vignes, dans le village de Jerusalem (vestige toponymique du passage des Croisés en Slovénie), ont plutôt donné lieu à une retraite studieuse, où les échanges, par le truchement d’une interprète, furent particulièrement riches et nourris, tant sur le plan poétique que sur le plan humain. Chaque soir, le travail du jour trouvait un prolongement dans des lectures publiques chez des vignerons de la région sensibles, à la poésie à en juger par leur accueil, comme tous ceux venus en voisins assister à une lecture qui se déroulait, de manière tout à fait champêtre, dans une grange ou en plein air. Je précise que les poèmes des Québécois et des Canadiens, tout frais traduits en slovène, étaient systématiquement privilégiés dans le programme de ces lectures.

Juste retour des choses, et comme une fenêtre sur la poésie slovène contemporaine, voici maintenant les poèmes slovènes et leurs traductions – en français, en anglais, voire en innu – réalisées là-bas par les poètes québécois et canadiens de la délégation. L’occasion était toute trouvée : du 27 au 30 avril 2017, le Festival Metropolis Bleu réunit à nouveau tout le monde, cette fois à Montréal, à l’occasion de sa 19e édition. Du coup, et comme un accompagnement imprimé aux rencontres montréalaises, la revue Les écrits, dont l’ouverture aux littératures du monde n’est plus à démontrer, a obligeamment accepté d’accueillir ici les traces poétiques de ces échanges slovènes rendus possibles par des aides publiques (Conseil des arts du Canada et Agence du livre slovène). Le nombre de pages allouées nous empêche de reproduire dans la langue originale chacun des poèmes slovènes traduits. Seul le premier poème de chaque suite est repris avec l’original, afin de faire entendre quelque peu les sonorités de la langue slovène. Le reste appartient à la poésie.




 
 
 
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