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ANDRÉ BROCHU

Les résidus de l’existence


 

1

Nous disparaissons doucement
Comme des sangs fragiles
Nous ne parlons plus la langue d’acier
Qui nous faisait tailler l’air
En l’absence de l’honneur pourpre
Nous avons toujours failli
Devant les héritages
Et nous voilà dans l’humble
Condition sans lumière
Yeux frottés aux défaites
Rendus pareils à l’autre
Le cou bien bas

Le ciel autant.

 

2

Je mourrai comme un chien
Le cœur en deux
J’aboierai ma substance
Aux quatre coins
Parmi les résidus
De l’existence
Ce sera pleine douleur
De tout le corps
Et l’âme s’ensuivra
L’âme rendue visible
L’âme faite chienne noire
Langoureuse agonie.

 

3

Il pleut à fendre âme
Et cœur sur nos
Adages et tabous
Le soir réclame un peu de cendre
Pour éponger le mal de tout,
De rien, qui accable
Notre belle vie incapable
Que harponne le temps vainqueur




 
 
 
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